Pulvérisation - Cuivre et soufre par drone sur les vignes champenoises Serge Mathieu

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Au domaine champenois Serge Mathieu, la pulvérisation par drone a été testée en 2020 et va être déployée sur 3 ha en 2021. Pour Michel Jacob, le gérant, ces équipements vont révolutionner les traitements.

Avec un drone chinois DJI Agras T16, de 2,5 m par 2,5 m et pesant 41 kg au décollage, des essais de pulvérisation ont été menés par la société Cym Drone d’Arnaud Verzeletti au domaine Serge Mathieu, à Avirey-Lingey (Aube). « En 2020, nous avons fait des essais à l’eau ; la qualité de pulvérisation mesurée grâce au papier hydrosensible était très bonne », se félicite le vigneron Michel Jacob, qui fera apporter cette année cuivre, soufre, Limocide, Prev-am et Salix par drone sur ses vignes.
Les intérêts sont multiples, selon lui : moins de tassements de sol, un bilan carbone exemplaire, une nuisance sonore limitée pour le voisinage et une vraie protection de la vigne. Le nombre d’accidents d’enjambeurs pourrait aussi être réduit.

En complément d’UV-Boosting

Convaincu de l’intérêt du drone, le vigneron l’imagine en complément de la technologie d’UV-Boosting, qu’il a testée sur plusieurs hectares de pinot noir. « Combiner les UV et des passages de drone devrait permettre de maîtriser les maladies fongiques, et ainsi, nous aider dans notre conversion en bio. »
Pour l’heure, le recours aux drones en agriculture reste limité au cadre expérimental (décret de 2019) pour des parcelles à plus de 30 % de pente et avec des produits de biocontrôle, soumis à AMM. L’IFV, le CIVC et la chambre d’agriculture de l’Aube suivront ici les essais sur 3 ha.
En ce qui concerne le coût, Michel Jacob n’envisage pas de blocage. « Il n’y a pas encore de tarif défini puisque c’est expérimental. Mais les traitements rapides à 45 minutes/ha et des drones de plus en plus performants et bon marché – avec des cuves de 30-40 l contre 16 l aujourd’hui – devraient faciliter l’essor des drones viticoles. »
 

Sparnacus Drone, Champagne : des biostimulants appliqués par drone
Sylvain Gallo-Selva, à la tête de Sparnacus Drone, s’affranchit des règles encadrant la pulvérisation par drone en appliquant uniquement des produits biostimulants, sans AMM, fournis par la société Getad. « Nous pouvons passer partout, même sur les ZNT et parcelles peu accessibles. Cette année, nous travaillons sur 7 ha chez 18 vignerons champenois. Le drone avec sa cuve de 10 l doit voler à une hauteur de 1,70-2,50 m en début de végétation, puis 3-3,5 m ensuite, pour créer un vortex qui assure la bonne répartition du produit dans le feuillage. » Comptez 1 h 30/ha par passage, et 3 000 euros/ha pour une campagne de huit à douze traitements contre mildiou et oïdium.

Article paru dans Viti Leaders n°461 de mai-juin 2021

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