Insolite - Pourquoi j’ai planté une vigne en spirale

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Parce que leur parcelle était circulaire, Delphine et Ghislain d’Aboville ont souhaité planter du cinsault selon un plan en spirale. Leur objectif ? Créer les conditions pour une cuvée très haut de gamme.

Installés depuis 2008 à Caux (Hérault), Delphine et Ghislain d’Aboville sont tombés amoureux du cinsault. « Nous avions le projet de créer une cuvée très haut de gamme, car nous sommes convaincus du potentiel de ce cépage », résume Ghislain d’Aboville. Aussi, lorsque vient le moment de planter une parcelle avec une forme naturellement circulaire, due à sa topographie, la décision est prise de planter en spirale. « Chaque pied a une exposition différente, pour contribuer un peu plus à la complexité du vin », estime le vigneron, qui souhaite « pousser tous les curseurs au maximum ». 

Pour cela, il commence par sélectionner 1 600 pieds issus de sélection massale. Pour financer une partie de l’investissement, il lance une souscription sur Winefund. En mars 2019, la plantation est effectuée. « Le plus difficile a été de dessiner la spirale sur le terrain avant de planter, indique Ghislain d’Aboville. J’ai dû rechercher sur Internet pour trouver une solution simple, à l’aide de trois piquets et d’une corde. Rien que pour tracer, nous y avons passé une journée ! » L’écartement entre les pieds est de 1 m, tandis que la spirale fait 1,70 m de large. La conduite se fera en gobelet, avec un échalas pour chaque pied. Un système d’irrigation a été installé à 50 cm de hauteur.

Beaucoup de travail

 Domaine Allegria Ce plan en spirale apparaît très harmonieux vu du ciel. La contrepartie ? Presque aucune mécanisation n’est possible. Entre les pieds, l’entretien est effectué au rotofil. Le « rang » est entretenu à l’aide d’une tondeuse/gyrobroyeuse poussée à la main. Chaque cep a été paillé au pied pour diminuer la concurrence avec les adventices. Malgré cette précaution, la gestion de l’enherbement naturel a été difficile, et les mortalités de jeunes plants ont été supérieures à d’autres parcelles.

« Entre l’attachage, le paillage à renouveler, l’ébourgeonnage, les traitements, c’est beaucoup, beaucoup de travail, mais chaque pied est bichonné », résume le vigneron, qui est convaincu d’un retour qualitatif. La première vendange est prévue en 2022, pour une production espérée entre 1 500 et 2 000 bouteilles. « Nous voulons vinifier en cuve sphérique, pour rester cohérent par rapport à la rotondité de la parcelle, mais surtout, parce que nous avons dégusté des vins vinifiés en cuves ovoïdes et senti un réel plus qualitatif », explique Ghislain d’Aboville. Lorsque la vigne sera un peu plus âgée, la cuvée sera positionnée sur le très haut de gamme. Et une rentabilité est attendue.

Article paru dans Viti Leaders n°462 de juillet-août 2021

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